Interview
Amani Kouadiokan Michel Brejniev : « L’Afrique reste notre leitmotiv »
Auteur du doublé qui a permis aux Académiciens d’engranger une précieuse victoire sur les Nordistes de l’US Tchologo, l’ailier droit des Académiciens est actuellement l’homme en forme de la bande du coach Firmin Koffi. Dans cet entretien, il revient sur les différentes séquences de la dernière sortie et rappelle que l’Afrique reste l’objectif de la formation d’Abidjan-Plateau.
Même si cela a été difficile, c’est tout de même une très belle victoire que vous obtenez face à l’US Tchologo (2-1) ?
Oui, ça a été difficile. Notamment parce que nous avons commencé très timidement ce match. Mais après la mi-temps, nous avons su remettre les choses en place. Nous sommes revenus avec de meilleures intentions, et c’est de façon logique que nous avons réussi à ouvrir le score sur un coup de pied arrêté. Ensuite, nous sommes entrés dans une phase de gestion qui nous a valu d’encaisser le but égalisateur. Heureusement que nous avons pu réagir avec un second but, que nous avons ensuite su préserver pour bien terminer.
Concernant les entames de match, c’est quand même la deuxième fois consécutive que votre entame de match laisse à désirer ?
C’est forcément à déplorer. Mais nous allons essayer d’y trouver une solution. Je pense que les coaches sont les mieux placés en la matière. Certainement qu’ils vont y apporter une solution. Mais je retiens qu’il faut montrer un visage plus reluisant à l’entame des matchs.
Si les visiteurs ont globalement dominé le match en première mi-temps, vous vous êtes offert pas mal d’occasions sur lesquelles vous auriez pu faire rapidement la différence ?
Tout à fait. Je crois que nous nous sommes procuré trois occasions nettes. Mais après, nous avons fait preuve d’un manque d’altruisme. Parce que si nous avions été plus altruistes, nous serions allés à la pause au minimum avec un but, voire 2-0 ou 3-0. Mais bon, nous avons eu une franche discussion entre nous à la mi-temps. In fine, le plus important est que nous avons présenté un autre visage après la pause. On va donc retenir la victoire au final.
Concernant toujours l’entame de match, on s’attendait plutôt à vous voir mordre comme des affamés dans le ballon, vu que cette formation de l’US Tchologo était juste devant l’AFAD au classement avant le coup d’envoi ?
Certes, mais on ne peut pas nier qu’il y avait une très belle agressivité de la part de nos adversaires. C’est une formation bien structurée et bien organisée, qui a un plan de jeu bien établi. C’était donc à nous de tout mettre en œuvre pour y trouver des failles. Et c’est bien ce que nous avons réussi à faire, notamment sur des coups de pied arrêtés.
C’est aussi une victoire qui vient confirmer votre montée en puissance, puisque vous totalisez désormais six matchs sans la moindre défaite dans le cadre de cette manche retour du championnat d’élite ?
C’est effectivement l’objectif poursuivi sur cette phase. C’est vrai que lors de la phase aller, lorsque nous sommes revenus de notre élimination en Coupe d’Afrique, nous avons peiné quelque peu à retrouver la meilleure cadence. Il a donc fallu travailler d’arrache-pied pendant la période de latence consécutive à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. C’est dire si nous sommes revenus avec de meilleures intentions, notamment celle de rester invaincus, de prendre match après match et d’essayer ainsi de titiller un tant soit peu le haut du tableau.
On voit que vous commencez à y prendre goût. Penses-tu qu’il y a vraiment la possibilité de terminer sur le podium ?
Bien sûr que cela reste possible. Quand vous regardez le classement, il y a peut-être une ou deux équipes qui se détachent. Le reste se tient à un ou deux points. Le but, c’est d’arriver à enchaîner les trois points. Si nous réussissons à le faire, on pourra être situés sur notre sort lorsqu’il restera cinq journées.
Il ne reste plus que neuf journées à disputer, et vous êtes nettement en concurrence avec le Mouna FC, le CO Korhogo, l’US Tchologo et le Stade d’Abidjan pour la troisième place qualificative à l’Afrique. Comment juges-tu cette lutte à distance ?
Nous avons des atouts certains. Quand vous regardez cette formation de l’AFAD, le premier constat qui s’en dégage, c’est qu’il y a quand même une très grosse expérience. Cela veut dire que nous sommes habitués à ce genre de configuration. C’est donc à nous de rester concentrés et focalisés sur notre sujet, de continuer à bien travailler. Il faut éviter de s’enflammer, mais prendre plutôt match après match et, surtout, engranger à chaque fois les trois points.
Des atouts qui n’effacent malheureusement pas l’Amani-dépendance actuelle de l’AFAD qui, quand tu ne marques pas, semble à l’arrêt ?
Non, c’est un peu trop fort de parler d’une quelconque Amani-dépendance. C’est vrai que je prends énormément de plaisir à marquer. C’est aussi vrai que je suis le buteur lors des trois derniers matchs. Mais cela ne veut pas forcément dire que l’équipe dépend de moi. Bien au contraire. Nous avons un collectif assez soudé, qui travaille les uns pour les autres. Après, c’est justement ce collectif qui me permet de me sublimer. Aujourd’hui, c’est Amani. Mais demain, ce pourrait bien être un autre. Car nous sommes toujours prêts à nous aider les uns les autres.
Selon toi, quel serait le scénario idéal pour les neuf journées qu’il reste à disputer ?
(Large sourire). Le meilleur scénario serait de pouvoir engranger les trois points lors des neuf journées ! Mais nous restons lucides, parce que nous savons que ça va être difficile. Nous allons donc continuer de travailler, c’est le plus important, et surtout prendre match après match. Nous avons terminé face à l’US Tchologo, le plus important sera maintenant de bien récupérer et de préparer le prochain match. Mais avant cela, il y a la Coupe nationale. L’essentiel sera d’engranger le maximum de victoires.
On sait que cette saison a été difficile, notamment lors de la première phase. Vous arrive-t-il encore de rêver à l’Afrique ?
Tu ne peux pas jouer à l’AFAD sans rêver de l’Afrique. Surtout pour ma génération, qui y a déjà goûté à deux reprises. C’est donc notre leitmotiv. Et nous essayons de tout donner pour pouvoir terminer au moins troisième, voire plus haut. D’autre part, nous avons pris le malin plaisir d’emprunter le raccourci de la Coupe nationale depuis quelques saisons. Ce qui signifie que nous allons rester compétitifs sur les deux tableaux. L’avenir nous situera.
