Interview
Yaya Achiraffou : « Face à une jeune équipe, l’intimidation, ça compte »
Appelé en lieu et place de Sanguisso Nabil à l’ultime minute du temps additionnel du match des 16e de finale de la Coupe Nationale 2026, disputé le mardi 17 mars au complexe sportif de Bingerville, le portier international togolais des Académiciens a arrêté le deuxième tir au but avant de voir le quatrième s’écraser sur le montant. Héros inattendu de la qualification, il revient sur ce scénario particulier.
Cela n’a pas été facile, mais il y a tout de même la qualification au bout. Quelles sont tes impressions après le match contre Max United ?
C’est sûr que ça n’a pas été du tout aisé face à une équipe de 3e Division, qui nous aura opposé une farouche résistance. Mais nous nous attendions plus ou moins à cela. Nous savions d’emblée que les choses n’allaient pas être faciles. Mais nous sommes heureux d’avoir finalement décroché cette qualification. Je crois que c’est très bon pour le groupe.
Alors que tu n’as disputé qu’une minute dans cette opposition, tu en ressors comme le héros en arrêtant un tir au but. Comment ressens-tu cela ?
Naturellement, je suis très heureux pour moi-même, mais aussi pour mes coéquipiers. Je n’oublie pas le staff technique pour la confiance placée en moi, au moment de cette épreuve difficile des tirs au but. La petite anecdote, c’est que cela a été savamment travaillé à l’entraînement. Donc, quand le moment est arrivé de remplacer Sanguisso Nabil dans les buts, cela s’est fait naturellement.
Même si cela a été travaillé aux entraînements, qu’as-tu ressenti au moment où on procédait effectivement au remplacement ?
C’est le lot des gardiens de but. Être sur le banc, c’est être toujours prêt à suppléer quand le besoin se fait sentir. C’est d’ailleurs pourquoi nous sommes très souvent à l’échauffement. Pour dire qu’il n’y a pas de ressenti particulier, lorsqu’on se tient prêt à entrer en jeu à tout moment du match.
Penses-tu vraiment que procéder ainsi, comme vous l’avez fait, a perturbé cette jeune équipe de Max United ?
On peut le penser. Car c’est sûr qu’ils ne s’attendaient pas à ce que l’on fasse sortir le gardien titulaire à la toute dernière minute, alors que se profile la séance des tirs au but. Cela donne toujours à réfléchir. Ils se disent tout de suite que ce n’est pas pour rien que l’on procède ainsi. En le faisant, c’est que l’entrant est sûrement un spécialiste des tirs au but. Cela perturbe dans beaucoup de cas les joueurs…
Il n’y a qu’à voir comment le deuxième tireur t’offre pratiquement la balle ?
En réalité, il ne me l’offre pas. Loin de là. La vérité, c’est que je pars du bon côté. Il y a aussi une part d’intimidation. Nous avions affaire à une jeune équipe et, dans ces moments-là, l’impact psychologique compte énormément.
Quant au quatrième tireur, il tente de frapper en force et voit le poteau renvoyer cette frappe. C’est toujours l’effet psychologique qui joue ?
Tout à fait. Il essaie de frapper en force parce qu’il ne veut pas se louper. Il y a aussi le fait que je sois, là encore, parti du bon côté, touchant presque la frappe. Mais, en définitive, c’est le montant qui la repousse.
Tu signes un bon retour à l’occasion de la Coupe Nationale, mais cela faisait plusieurs matchs que tu n’étais plus apparu en Ligue 1 Lonaci. Comment vis-tu ce moment ?
J’ai la chance d’évoluer dans une équipe où je suis venu trouver des aînés. C’est important de respecter cela. Je suis donc le jeune qui travaille, qui patiente et qui attend son tour.
Qu’est-ce qui a convaincu le coach Koffi Firmin de te préférer à Sanguisso Nabil pour les tirs au but ? Est-ce ton statut d’international togolais ou le fait que tu aies démontré tes compétences en la matière lors de ton passage au Lys de Sassandra ?
Je crois plutôt que c’est la deuxième raison qui est la bonne. Si mes souvenirs sont bons, la saison dernière, j’ai sorti deux penaltys sur quatre avec le Lys de Sassandra. Mais il ne faut pas oublier que tout se prépare à l’entraînement. Là-bas, j’ai pour habitude d’arrêter pas mal de penaltys. Voilà la base de cette confiance placée en moi.

Après cette phase de la Coupe Nationale, se profile déjà la 22e journée de la Ligue 1 Lonaci. Vous serez opposés, ce dimanche 22 mars 2026 à Yamoussoukro, à l’ES Agboville, la lanterne rouge, qui viendra avec le couteau entre les dents. Comment vois-tu cette opposition ?
C’est un match de la première importance pour nous. Car il s’agira de continuer notre remontée au classement en championnat. L’objectif sera donc d’aller chercher les trois points dimanche prochain à Yamoussoukro. C’est donc un match à prendre au sérieux. Nous allons continuer à travailler dur, car dimanche va arriver très vite. Nous devrons surtout rester concentrés. Il y a certes l’objectif de la victoire, mais nous devons éviter de nous précipiter. Il faudra être prêts pour ce match.
Votre coéquipier Amani Kouadiokan a déclaré, ici même, que vous joueriez sur les deux tableaux, c’est-à-dire en championnat et en Coupe Nationale. Penses-tu que votre groupe en a les atouts ?
Bien sûr, cette équipe regorge d’atouts. De la défense à l’attaque, nous avons de très bons joueurs. Nous avons donc un groupe capable de jouer le haut du tableau. Comme cela a été dit, c’est notre ambition, et nous avons les moyens de l’assumer.
