Interview
Coulibaly Sanga Topio : « Nous allons nous parler… et réagir »
Fort de son expérience, le capitaine emblématique des Académiciens d’Abidjan-Plateau refuse de céder à l’inquiétude après deux défaites consécutives. Pour lui, rien n’est encore perdu dans la course à l’Afrique.
Capitaine, avec cette seconde défaite de rang face à Bouaké FC (1-2), cela fait 0 point sur 6. Pour une équipe qui vise l’Afrique, n’est-ce pas un coup d’arrêt ?
On ne peut pas dire que tout va bien actuellement. Quand on connaît les objectifs de la saison, perdre des points de cette manière est difficile à accepter, et ce n’est pas bon pour l’image du club.
Maintenant, il faut rester lucides. Ce sont des faux pas. À nous de nous remettre en question et de corriger rapidement. Ces deux matchs étaient importants, nous voulions prendre des points pour revenir à la 3e place. Nous ne l’avons pas fait.
Mais il reste cinq matchs. Et dans ce championnat, tout peut aller très vite. À nous de retrouver notre dynamique, comme nous avons su le faire en début de phase retour.
La défaite face au San-Pédro FC devait pourtant vous mettre en alerte maximale…
Nous savions que Bouaké FC allait nous poser des problèmes. C’est une équipe qui joue son maintien, et ce sont souvent les adversaires les plus difficiles à manœuvrer en fin de saison.
Nous nous étions préparés en conséquence. Maintenant, il faut aussi dire que certains faits de jeu, notamment des décisions arbitrales, ont pesé dans le résultat final. Mais cela ne doit pas masquer notre responsabilité.
Après votre victoire 3-0 en Coupe nationale contre cette même équipe, y a-t-il eu un excès de confiance ?
Pas du tout. Nous avons l’expérience pour savoir que la Coupe et le championnat sont deux réalités différentes. Nous savions qu’ils n’avaient pas aligné leur équipe type à ce moment-là.
Aujourd’hui, nous parlons simplement d’un match raté. À nous de réagir vite. Nous en avons besoin.
Deux matchs clés arrivent face à Mouna FC et au Stade d’Abidjan. Ces défaites ne fragilisent-elles pas le groupe ?
Mentalement, ce n’est jamais facile. Mais nous sommes des compétiteurs. Après une telle situation, la seule réponse possible, c’est le travail.
Nous avons des échéances importantes très rapidement : le championnat et la Coupe nationale. Il faut être prêts. Dès le prochain match face à Mouna FC, il faudra répondre présent.
Si nous voulons aller chercher une place africaine, cela passe par des victoires dans ces confrontations directes.
Y a-t-il une cassure dans votre dynamique ?
Non. Il n’y a pas de cassure.
Nous avons connu une première partie de saison compliquée, puis nous avons su réagir en phase retour avec une très bonne série. Cela prouve que ce groupe a du caractère.
Aujourd’hui, il s’agit simplement d’un moment difficile à traverser.
L’effort consenti pour revenir au classement commence-t-il à peser physiquement ?
Oui, forcément. Il y a un coût physique. Nous avons beaucoup donné pour revenir.
Mais à ce stade de la saison, c’est surtout le mental qui fait la différence. Il faut retrouver cette énergie, cette envie de gagner.
Nous savons aussi que nous devons corriger certains détails, notamment le fait d’encaisser trop souvent en premier. Ce sont des points que nous devons améliorer rapidement.
Pourquoi ces erreurs persistent elles ?
Dans une dynamique positive, on peut parfois relâcher inconsciemment. C’est humain.
Ces deux défaites doivent nous servir de rappel. Elles doivent nous obliger à nous remettre au travail avec encore plus d’exigence.
Les cinq derniers matchs seront pour nous cinq finales. Et nous devons les aborder comme telles.
Faut-il privilégier la Coupe nationale ou le championnat ?
Non. Nous sommes encore en course dans les deux compétitions. Et rien n’est joué.
En championnat, il reste 15 points à prendre. Nous ne sommes pas décrochés. En Coupe, tout est encore possible aussi.
Nous allons donc jouer sur les deux tableaux. Travailler, rester concentrés, et avancer match après match.
Parce qu’au final, c’est le terrain qui parlera.
Un dernier mot ?
Nous sommes l’AFAD! À nous d’assumer, de nous parler, et surtout de réagir dès le prochain match.
