Interview
Koné Ibrahim Riqui : « Cela fait très mal de bosser durement aux entraînements, pour venir ensuite voir tous ces efforts anéantis »
Quelque peu en demi-teinte depuis le début de la saison, l’ailier de charme des Académiciens retrouve peu à peu ses sensations. Buteur contre les Yéyé, il n’a pas manqué d’exprimer toute sa frustration à la suite de la grosse erreur d’arbitrage qui entaché le résultat final.
Riqui, à l’image du groupe, cette défaite contre le Stade d’Abidjan (2-3) doit être difficile à avaler…
Exactement. Cela fait très mal de travailler dur aux entraînements et de voir tous ces efforts réduits à néant de cette manière. Comme toute l’équipe, je suis vraiment frustré par ce qu’il s’est passé dans ce match.
Pourtant, ce match aurait pu être le tien, puisque tu ouvres le score…
Oui, cela faisait longtemps que je n’avais pas marqué. J’ai ressenti une vraie joie en inscrivant ce but de la tête. Je me suis dit que je pouvais enfin aider l’équipe à décrocher la victoire. Mais le football est ainsi… il faut parfois accepter des scénarios difficiles.

L’égalisation rapide aurait pu te faire perdre pied ?
C’est vrai que cela peut briser un joueur. Mais il est surtout question d’un collectif. On gagne ensemble, on perd ensemble. On n’a pas le temps de désigner un coupable quand une erreur mène à une égalisation, même si elle intervient rapidement.
On t’a vu très actif face au Stade d’Abidjan, avec plus de temps de jeu. On a senti que tu voulais vraiment cette victoire…
Complètement. Cette forme retrouvée vient surtout du fait que je suis aligné régulièrement depuis quelques matchs. Les sensations reviennent naturellement. Si je continue ainsi, je suis convaincu que je marquerai encore au prochain match et que je retrouverai très vite toutes mes qualités.
Comment vit-on le passage de joueur clé à celui qui passe plus de temps sur le banc ?
Personne n’est « abonné » au banc. Ce n’est pas toujours une question de méforme. Il faut respecter les choix du coach. L’important, c’est de continuer à travailler. Si je rejoue aujourd’hui, c’est parce que j’ai montré les bonnes choses à l’entraînement. J’espère poursuivre sur cette dynamique pour conserver ma place.
Malgré tout, cela peut freiner un joueur qui comptait beaucoup il y a peu…
Bien sûr. Je le reconnais. Mais je me suis dit que je devais rester un gagneur, garder la tête haute et accepter cette situation. Je n’ai jamais pensé abandonner ma place. C’est ce qui m’a permis de tenir.
Dans ce match contre le Stade d’Abidjan, il a manqué un certain Amani Kouadiokan Michel, avec qui tu formes un tandem depuis près de trois ans. Cela ne t’a pas gêné aujourd’hui ?
Pas du tout. Certes, j’apprécie énormément jouer avec lui. Mais j’ai aussi la chance d’être aligné aux entraînements avec les autres attaquants. J’ai donc mes habitudes avec chacun d’eux, je sais comment ils jouent et je n’ai aucun problème à m’adapter au jeu de chacun d’entre eux. Donc, pas de souci à ce niveau.
Il y a à peine une saison, tu étais une arme redoutable pour l’AFAD dans le un contre un. Ce qui ne se voit pas trop cette saison ?
Vous savez que la blessure est passée par là, et que je dois désormais composer avec cette donne. Et puis, il y a justement cette hantise légitime de ne pas à nouveau être blessé. C’est donc tout cela mis ensemble qui explique que je m’engage un peu moins dans le un contre un comme vous le dites. Sinon, à part cela, je peux encore beaucoup apporter à l’équipe.
Alors qu’il est question du titre cette saison, vous éprouvez un mal fou à enchainer au niveau des résultats. Selon toi, qu’est-ce qui explique cette situation ?
Objectivement, c’est le constat à l’heure actuelle. Mais si vous voulez vraiment mon avis, je préfère vivre cela maintenant que de le vivre au moment où l’on aborde la dernière ligne droite qui mène au titre. Je préfère que nous enchainions en ce moment-là. Mais nous continuons de travailler pour retrouver d’abord notre forme d’antan, puis enchainer avec les victoires. Personnellement, je suis convaincu que cela va finir par se produire.

Riqui estime-t-il ainsi que rien n’est encore joué pour le titre ?
Bien sur que c’est toujours le cas. Nous y croirons jusqu’à l’ultime journée. Il n’est pas question d’abandonner quoi que ce soit avant.
Alors qu’il ne reste que trois journées à disputer pour cette manche aller, quel serait le meilleur scénario selon toi ?
L’objectif pour l’heure, c’est d’abord de se rapprocher du peloton de tête, en gagnant les trois matchs qui restent. Pour cela, il va falloir prendre match après match. Si nous réussissons cela, alors nous seront prêts pour la manche retour. Au cours de laquelle, avec le moral et les réflexes retrouvés, nous pourrions alors terminer en beauté.
Justement pour les trois derniers matchs, le premier sera face à la Soa, mardi 02 décembre à Yamoussoukro. Une équipe qui, à l’image du Stade d’Abidjan, a toujours tenu à vous titiller ?
Je reste positif pour les matchs à venir. Parce que selon moi, le groupe actuel est bon. C’est seulement la chance qui n’est pas pour le moment au rendez-vous. J’estime que nous livrons des prestations de bonne facture, mais que nous continuons de pécher au niveau du résultat final.
Cette équipe du Stade d’Abidjan est en passe de devenir votre bête noire, puisque vous aviez perdu les trois dernières confrontations avec elle ?
Ouuais, mais bon ! Ce n’est pas qu’ils sont forcément nos bêtes noires. C’est tout simplement que sur les trois derniers matchs en question, ils ont toujours été aidés par les arbitres. Et à ce niveau, vous conviendrez avec moi que l’on n’y peut rien.
